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12/12/2007
Les syndicats sont nocifs, mais sont-ils puissants ?
En voilà une de gagnée ! La première réforme de Nicolas Sarkozy sur les régimes spéciaux est bel et bien une victoire. Il n’y a victoire que lorsqu’il y a des vaincus et ces syndicats marxistes à la vision archaïque ont fini par mordre la poussière après avoir pris en otage l’économie française pour des revendications quelque peu incongrues (SUD Rail, …). Et des vainqueurs ! Car en dépit des apparences, il n’y a pas qu’un gagnant, le gouvernement ; mais plusieurs bénéficiaires, à commencer par le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui a su faire preuve d’un certain esprit de responsabilité vis-à-vis de ses troupes, puis il convient de souligner la volonté de J.-F. Chérèque de corroborer la réforme de la CFDT.
Ce n’est pas une raison pour s’endormir sur ses lauriers, car en réalité, le plus dur est à venir. Des réformes essentielles doivent encore être votées, la refonte du code du travail et du modèle de protection sociale, ou encore la baisse des dépenses de l’État, et l’on peut se demander si réformer les syndicats ne constituerait pas un préalable nécessaire. Aujourd’hui, les syndicats demeurent nocifs, tant leur pouvoir de nuisance est important, mais sont-ils puissants pour autant ? La réponse est évidente, non.
Si l’on procède à un bref état des lieux du syndicalisme français, on ne recense que 8 % des actifs à adhérer à un syndicat, ce qui représente, au demeurant, 4 % de la population totale. Ce taux avoisine les 6 % dans le secteur privé, alors qu’il plafonne à 25 % dans l’éducation nationale, les transports et les hôpitaux publics.
Un syndicalisme, si peu présent à l’échelle des actifs ne peut pas être représentatif de la population. Mais il a toute une histoire, car rappelons qu’il est né à l’origine « en réaction contre la démocratie ». Au concept égalitaire et démocratique, « 1 homme = 1 voix », la logique syndicale opposa « une classe sociale = 1 voix ». Et force est de constater que cette légitimité démocratique est toujours très mal acceptée, au sein de cette force conservatrice idéologique, qui bloque plus qu’elle ne construit, revendique plus qu’elle ne propose, envahit la rue alors que sa place serait dans les entreprises à proposer des prestations aux salariés.
Ce syndicalisme est l’opposé d’un syndicalisme professionnel qui se consacrerait au service des salariés.
Cette mutation commence pourquoi pas par la suppression du monopole syndical, ce qui permettrait à chaque syndicat, en annihilant la « présomption irréfragable de représentativité », de se présenter à un premier tour d’élections professionnelles. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Un salarié voit sa liberté violée dès lors que l’État lui-même détermine légalement sa représentativité. Il convient de préciser que le syndicalisme dispose de pouvoirs bien plus étendus qu’il n’y paraît car il a en charge la cogérance des Caisses de sécurité sociale, et ce naturellement sans mandat de la part des citoyens.
Choisir son syndicat, c’est également avoir tout le loisir de le financer. Les syndicats doivent vivre de leurs propres membres, et non d’un impôt financé par l’État.
En définitive, au-delà des apparences, notre syndicalisme au demeurant marginal n’est pas démocratique. Oui le syndicalisme français est marginal, alors qu’en Finlande, en Suède, au Danemark, ou en Irlande, où il se porte bien, on n’observe aucun monopole syndical.
François Gicquel
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